Renault sous les projecteurs dans le film Brillantissime

Leurs caractéristiques sont définies dès l'écriture du scénario, l'agenda de leurs apparitions à l'écran est rédigé avec précision, leur présence sur le lieu de tournage requiert toute l'attention des techniciens. Benjamin Morgaine, scénariste et Eric Védrine, régisseur, partagent pour nous la manière dont les véhicules ont été intégrés au cœur du film Brillantissime.

Les modèles de véhicule que vont conduire les personnages du film sont-ils le reflet de leur personnalité ?

Benjamin Morgaine. Lorsqu'on écrit le scénario d'un film, on doit définir les traits des personnages, dessiner tous leurs contours... On essaie donc de les imaginer socialement, d'établir le milieu dans lequel ils évoluent. Et parmi ces éléments viennent bien sûr des sujets comme leur type d'appartement... ou la voiture qu'ils pourraient conduire. La question du véhicule compte donc lorsqu'on cherche à inscrire ces personnages dans leur propre vie.

Qu'est-ce que les modèles choisis dans Brillantissime nous disent des personnages ?

B. M. Dans le film comme dans la vie, les gens ont des voitures qui leur correspondent. Prenons l'exemple d'Angela, incarnée par Michèle Laroque. Elle possède une TWINGO qui incarne bien la voiture de la femme urbaine et moderne. Son mari, lui, est expert-comptable. On l'a donc imaginé roulant dans une belle berline, on a opté pour la TALISMAN. Autre exemple : le personnage de Charline, la meilleure amie d'Angela, joué par Rossy de Palma. Elle dirige un blog mode. On l'a perçue comme totalement intégrée à cet univers de la mode, avec un petit côté bobo, mangeant sainement, etc. Pour elle, le choix s'est naturellement porté sur une voiture électrique emblématique, mais aussi féminine : la Renault ZOE.

Michel

Comment s'organise la présence de ces voitures sur le tournage ?

Eric Védrine. Notre plan de travail précise à la fois les interventions des comédiens et le besoin en véhicules de jeu. Pour chaque décor, nous connaissons donc les dates où tel ou tel modèle est nécessaire. Nous nous sommes assurés de la disponibilité des modèles aux dates souhaitées et les avons fait venir à Nice, où avait lieu le tournage. Certains véhicules étaient eux présents sur une durée plus longue car ils servaient aussi au transport des comédiens.

Filmer une voiture implique-t-il une préparation spécifique ?

B. M. Lorsqu'on filme une voiture, il faut avoir à l'esprit une réalité toute simple : un véhicule possède plusieurs vitres et autant de risques de reflets.

E. V. Nous sommes une cinquantaine de techniciens autour des acteurs ou des véhicules. Nous devons donc faire attention à ne pas être dans le reflet, que la caméra soit bien positionnée. Une fois la mise en scène décidée, et avec elle la place de la voiture, à nous de nous adapter et de nous placer où il convient.

Michel

Intégrer un produit de marque dans un film peut être un exercice délicat...

E. V. C'est quelque chose qui doit être réfléchi avec attention. Les assistants mise en scène se penchent sur la meilleure intégration possible des véhicules au scénario. Il faut aussi parvenir à valoriser la marque. Par exemple, lors d'une scène du film, la berline est emmenée à la fourrière. Le risque était de dégrader l’image de la voiture, mais un ressort comique intervient, ce qui permettra aux spectateurs de se concentrer sur un personnage ridiculisé et non sur l'idée-même de la fourrière.

Au cinéma le 17 janvier