Deauville 2017 : un Festival toujours plus engagé

Hommage à Michael Moore, prix du jury pour Captain Fantastic... le Festival de Deauville 2016 mettait déjà à l'honneur le cinéma indépendant et critique de la société américaine. Une tendance que l’on retrouvera cette année encore. Alors, le festival de Deauville est-il définitivement un festival engagé ? Laurent Weil pose la question à Rhonda Richford, du Hollywood Reporter, et à Bruno Barde, Directeur Général du Festival de Deauville.

Pour Rhonda Richford, correspondante en France de l’incontournable magazine cinéma américain, le Festival de Deauville s’attache à mettre en lumière une nouvelle génération de réalisateurs américains qui en a terminé avec l’American Dream.  

Deauville

Bruno Barde confirme en confiant, à propos de la programmation dont il est responsable : C’est un festival engagé sur l’art, nous défendons l’art comme un moyen d’expression. Deauville est le Festival de tous les cinémas et aujourd’hui avoir cet horizon là et cette ligne éditoriale forte, c’est un acte engagé.  

Laurent demande s’il ressort une thématique sociale dans cette sélection. Bruno Barde : « Une inquiétude, que je qualifierais de métaphysique, sur la jeunesse. Sur les 14 films en compétition, 12 films sont sur la jeunesse. Une société américaine en décadence, qui s’inquiète et qui s’interroge. »  

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Sweet Virginia met par exemple l'accent sur des pratiques traditionnelles du folklore américain qui se perdent comme le rodéo en faisant le parallèle avec une communauté de bourgade en pleine perte de repères...  

Pour le Directeur Général du Festival de Deauville, les cinéastes reflètent toujours la réalité. « On peut considérer que la fiction est la réalité, contrairement aux journalistes qui eux n'ont pas le recul, sont à chaud immédiatement. Le cinéma, lui, prend le temps et c'est pour ça qu'il dit toujours la vérité. »  

Quid de l’arrivée de Netflix, Amazon… sur le marché du film ?  

Pour Rhonda, « le business du cinéma est en train de changer à toute allure. Par exemple, Apple vient, grâce à Deauville, d'avoir pour la première fois un de ses films sélectionné en festival. Ces films sont en revanche exclusifs à ces plates-formes payantes et ne sortiront jamais dans les salles de cinéma. »  

De quoi se rappeler que le cinéma américain reste à l’avant-garde des évolutions majeures de l’industrie cinématographique et que le Festival de Deauville n’en est pas moins que son reflet.  

Bruno Barde dit : 

C'est ça que nous défendons à Deauville, c'est un grand projet culturel qui rend les Hommes heureux.  

Une métaphore de l'Amérique ?