Dans le rétroviseur de Michel Hazanavicius à Cannes

Dans l’imaginaire collectif, Cannes est au cinéma ce que Paris est à la mode, avec sa cohorte d’acteurs plus ou moins célèbres, soirées branchées, tapis rouge et projections. Pourtant, il y en a pour qui cette ville est plus que la carte postale un peu triviale à laquelle on voudrait la réduire. Il s’agit de ceux qui contribuent à la renommée internationale de la capitale du cinéma.

Croisette

Laurent Weil a rencontré l’un d’entre eux, Michel Hazanavicius est un cinéaste accompli et habitué de la croisette. Au gré des questions de son intervieweur, il a accepté de remonter le fil de ses expériences cannoises, se remémorant les bons souvenirs comme les plus douloureux.

Le touche-à-tout qu’est le réalisateur de The Artist est un véritable « homme de cinéma », et pour cause : il s’est essayé à quasiment tous les métiers de l’image ! Ce parcours l’a légitimement amené dans cette même ville dont il résume le souvenir en deux mots : « fort, intense ». À la question de Laurent sur l’émotion qui enveloppe le festival, l’interviewé préfère l’apparenter à une « machine à laver ».

Par là, c’est à la démarche même de présenter un film qu’il fait référence, lui qui a provoqué l’enthousiasme avec The Artist avant de faire face à des critiques mitigées à l’encontre de The Search. Touché en repensant à ces moments antagonistes, il confie « de la même manière que The Artist est né à Cannes, The Search est mort à Cannes ». Mais plutôt que de s’appesantir sur l’accueil réservé à ses films, Michel Hazanavicius préfère insister sur l’investissement humain nécessaire à une telle création.

Ponton

Il voit dans la présentation de son film au festival une mise à nu, un acte d’exhibitionnisme. On comprend d’ailleurs à son intonation que le réalisateur a souffert de l’intensité de ce trop-plein d’attention, disparu aussi vite qu’il était arrivé.

Pourtant, loin d’être rancunier ou ne serait-ce qu’amer, il préfère se souvenir de Cannes et du festival comme « du seul endroit où les films sont compris pour ce qu’ils sont ». Ému, il relate le souvenir du jeune orphelin apparu dans The Search. Ce souvenir touchant vient ponctuer l’échange entre les deux hommes, comme le signe que le festival est aussi le théâtre de moments plus complexes et profonds que la seule promotion de films.

L’interview s’achève sur une note plus légère quand Laurent Weil voit dans le festival une « belle histoire d’amour », ce sur quoi le réalisateur espiègle ajoute « avec des assiettes qui volent ».

Michel